14 fiches centrées sur les hadiths (Bukhârî, Muslim, Sunan) — vérifiables en un toucher.
Guerres et conflits
Guerres et conflits
Le sort des Banu Qurayza (627)
Après la reddition de la tribu juive des Banu Qurayza, leur sort est confié à l'arbitrage de Sa'd ibn Mu'âdh : les hommes sont exécutés, les femmes et les enfants réduits en captivité et les biens partagés. Un hadith jugé sahîh rapporte le témoignage d''Atiyya al-Qurazî : on examinait les captifs et ceux dont la pilosité pubienne avait poussé étaient tués. Les critiques parlent d'un massacre de plusieurs centaines d'hommes ; le Coran (33:26) évoque l'épisode.
Les musulmans justifient ce jugement par la trahison présumée de la tribu pendant le siège de Médine et contestent les chiffres avancés.
Guerres et conflits
L'assassinat de Ka'b ibn al-Ashraf
Ka'b ibn al-Ashraf, poète juif hostile au Prophète, est assassiné par Muhammad ibn Maslama et ses compagnons, avec l'accord explicite du Prophète. Le hadith rapporte que le Prophète demanda : « Qui tuera Ka'b ibn al-Ashraf, qui a offensé Allah et Son Messager ? », et Muhammad ibn Maslama obtint l'autorisation de ruser et de mentir pour l'approcher. Les critiques y voient un assassinat politique ordonné.
Les musulmans rappellent que Ka'b incitait à la guerre contre les musulmans et voient dans cet acte une mesure de guerre.
Guerres et conflits
L'assassinat d'Abû Râfi'
Abû Râfi' (Sallâm ibn Abî al-Huqayq), notable juif de Khaybar, est tué de nuit dans sa maison par un groupe de musulmans. Le récit, présent dans le Sahih al-Bukhârî au Livre des expéditions, indique que l'opération fut menée avec l'aval du Prophète. Les critiques l'ajoutent à la liste des éliminations ciblées d'opposants.
Sahih al-Bukhârî, Kitâb al-Maghâzî — Livre des expéditions menées par le Prophète ; récit de l'expédition contre Abû Râfi'
Les musulmans replacent cet épisode dans le contexte des guerres contre les tribus hostiles de l'époque.
Guerres et conflits
Le châtiment des 'Urayniyyîn
Des hommes de la tribu de 'Ukl ou 'Urayna, après avoir été soignés, tuent le berger du Prophète et volent les chameaux. Le même hadith qui mentionne l'urine de chamelle comme remède décrit leur châtiment : mains et pieds coupés, yeux brûlés au fer rouge, puis abandonnés sur la Harra sans qu'on leur donne d'eau. Les critiques jugent ce supplice disproportionné et cruel.
Les musulmans soulignent la gravité des crimes (meurtre, vol, apostasie et guerre contre la communauté) pour justifier la peine.
Femmes
Femmes
Le mariage avec Aïcha
D'après le récit d'Aïcha elle-même, rapporté dans le Sahih al-Bukhârî, le Prophète l'épousa quand elle avait six ans et consomma le mariage quand elle en avait neuf ; elle resta avec lui neuf ans, jusqu'à sa mort. Les critiques y voient un mariage d'enfant ; c'est l'un des points les plus débattus de la biographie du Prophète. Le chapitre du Sahih place d'ailleurs ce hadith sous l'intitulé « marier ses jeunes enfants ».
De nombreux musulmans défendent le récit traditionnel en invoquant le contexte historique, tandis que certains chercheurs musulmans modernes contestent l'âge de neuf ans.
Femmes
Neuf épouses visitées en une nuit
Anas ibn Mâlik rapporte que le Prophète visitait toutes ses épouses à tour de rôle, le jour et la nuit, alors qu'elles étaient onze selon une version, neuf selon une autre. Anas ajoute que les compagnons disaient que le Prophète avait reçu la force de trente hommes. Les critiques citent ce hadith pour décrire une vie conjugale hors norme.
Sahih al-Bukhârî 267 ↗ — Anas : le Prophète visitait toutes ses épouses ; neuf ou onze épouses ; Livre des ablutions majeures
Les musulmans y voient un signe de la force et de l'équité du Prophète envers ses épouses, pas un argument à charge.
Esclavage
Esclavage
Un esclave échangé contre deux esclaves
Jâbir rapporte qu'un esclave vint prêter allégeance au Prophète sans que celui-ci sache qu'il était esclave ; son maître étant venu le réclamer, le Prophète dit : « Vends-le-moi », et l'acheta contre deux esclaves noirs. Les critiques citent ce hadith, classé sahîh, comme la preuve que le Prophète pratiquait lui-même le commerce d'esclaves. Depuis, il ne prenait plus l'allégeance de personne sans vérifier s'il était libre.
Les musulmans soulignent que le Prophète cherchait à libérer cet homme et que l'islam a multiplié les voies d'affranchissement.
Esclavage
Femmes et enfants de Qurayza réduits en esclavage
À l'issue du jugement de Sa'd ibn Mu'âdh sur les Banu Qurayza, les femmes et les enfants furent emmenés en captivité et les biens partagés, comme le rapportent les hadiths sahîhs. Les critiques soulignent que la réduction en esclavage des vaincus faisait partie intégrante de la pratique militaire. Le récit d''Atiyya al-Qurazî montre que le tri entre adultes et enfants se faisait par l'examen de la pilosité.
Les musulmans replacent cette pratique dans les normes de guerre de l'époque et rappellent les règles de bon traitement des captifs.
Hadiths à contenu scientifique
Hadiths à contenu scientifique
Le soleil se prosterne sous le Trône
Abû Dharr rapporte que le Prophète, au coucher du soleil, demanda : « Savez-vous où va le soleil ? » puis expliqua qu'il glisse jusqu'à son lieu de repos sous le Trône, s'y prosterne et demande la permission de se lever à nouveau. Le hadith figure dans les deux Sahihs (Muslim 159a ; Bukhârî 3199, 4802, 7424) en commentaire du verset 36:38. Les critiques y voient une cosmologie géocentrique incompatible avec l'astronomie moderne.
Les musulmans considèrent ce hadith comme authentique mais en contestent la lecture littérale faite par les critiques.
Hadiths à contenu scientifique
La mouche : une aile maladie, une aile remède
Abû Hurayra rapporte que le Prophète dit : « Si une mouche tombe dans la boisson de l'un de vous, qu'il l'y plonge puis l'en retire, car l'une de ses ailes porte une maladie et l'autre son remède. » Le hadith est classé sahîh (Bukhârî 3320, Livre du début de la création). Les critiques estiment que plonger une mouche dans sa boisson contredit les règles élémentaires d'hygiène.
Les musulmans considèrent ce hadith comme authentique mais en contestent la lecture littérale faite par les critiques.
Hadiths à contenu scientifique
L'urine de chamelle comme remède
Anas ibn Mâlik rapporte que des hommes de 'Ukl, incommodés par le climat de Médine, reçurent l'ordre du Prophète d'aller boire le lait et l'urine des chamelles comme remède. Le hadith figure dans les deux Sahihs (Bukhârî 233 et 5686 ; Muslim 1671a). Les critiques relèvent que l'OMS déconseille aujourd'hui la consommation d'urine de chameau en raison du risque de MERS-CoV.
Les musulmans considèrent ce hadith comme authentique mais en contestent la lecture littérale faite par les critiques.
Hadiths à contenu scientifique
L'embryon : 40 + 40 + 40 jours
'Abdallâh ibn Mas'ûd rapporte que le Prophète dit : l'être humain est rassemblé dans le ventre de sa mère pendant quarante jours sous forme de goutte, puis devient un caillot pendant une durée semblable, puis un morceau de chair pendant une durée semblable ; ensuite l'ange insuffle l'âme. Le hadith est sahîh (Bukhârî 3208, aussi 3332, 6594, 7454 ; Muslim 2643a). Les critiques notent que l'embryologie moderne ne connaît pas ces trois phases de quarante jours ni une insufflation de l'âme à 120 jours.
Sahih al-Bukhârî 3208 ↗ — Ibn Mas'ûd : 40 jours goutte, 40 jours caillot, 40 jours chair ; Livre du début de la création
Les musulmans considèrent ce hadith comme authentique mais en contestent la lecture littérale faite par les critiques.
Hadiths à contenu scientifique
L'ange demande : garçon ou fille ?
Anas ibn Mâlik rapporte que le Prophète dit : Allah a chargé un ange de l'utérus ; à chaque étape l'ange dit : « Seigneur, une goutte ! Seigneur, un caillot ! Seigneur, un morceau de chair ! », puis, quand Allah veut achever la création, l'ange demande : « Seigneur, garçon ou fille ? » Le hadith est « agréé » (muttafaq 'alayh) : Bukhârî 6595 et Muslim 2646. Les critiques relèvent que le sexe est déterminé dès la conception et n'a pas à être « demandé » à chaque étape.
Les musulmans considèrent ce hadith comme authentique mais en contestent la lecture littérale faite par les critiques.
Critiques diverses
Critiques diverses
Le poison de Khaybar et la mort du Prophète
Aïcha rapporte que le Prophète, dans la maladie dont il mourut, disait : « Je sens encore la douleur de la nourriture que j'ai mangée à Khaybar, et voici que je sens mon aorte tranchée par ce poison » (Bukhârî 4428). Umm Mubashshir attribue aussi la maladie au mouton empoisonné de Khaybar (Abû Dâwûd 4513). Les critiques rapprochent ces propos du Coran 69:44-46, où Allah menace de trancher l'aorte du Messager s'il inventait des paroles.
Coran 69:44-46 ↗ — « Nous lui trancherions l'aorte » s'il avait forgé des paroles
Les musulmans rejettent tout lien entre ce verset et la mort du Prophète, survenue trois ans après l'empoisonnement.